retour à la page d'accueil avril 2009 

mail de Cathy et Olivier 

   

                                Kathy                           olivier

30/03/09 16:45

Aller-retour à Djerba Après un mois de février passé à Kraten, le capitaine a des impatiences.

Après hésitations, nous décidons que de ne pas voir Djerba pendant notre séjour en

Tunisie, serait finalement dommage, donc en route pour Djerba, soit 80.000 milles.

(ndlr : pour l’instant la rédaction, c’est moi-Christian , depuis maintenant  cinq mois Cathy Olivier

Sont en Tunisie et ils ont pleinement adoptés la monnaie tunisienne : le Dinard est effectivement  divisé en millimes, trois décimales, mais delà une transposition sur le milles marin, Djerba est à 80 milles nautiques)

Le contournement par l’Est des îles Kerkennah rallongeant la distance du fait des bancs

jusqu’à 15 milles au large, nous passerons entre Kerkennah et le continent comme lors de

notre descente à Sfax en janvier via El louza.

Départ à 8h30 le mardi 3 mars soit 1heure après la marée haute de Sfax. Nous voulons

passer devant le fnar pour couper court sur les hauts fonds, mais il nous faut de l’eau.

Nous passons comme lors de notre arrivée à Kraten dans 80 cm d’eau. Notre tirant d’eau,

quille et safran relevés est de 50 cm, vive les dériveurs !

Nous prenons un cap GPS direct sur Sfax bouée approche soit 240.

Contrairement à l’aller, notre nouvelle expérience des très faibles fonds nous permet cette

audace. Il nous faudra cependant mettre un peu de nord dans notre cap, ponctuellement

pour trouver suffisamment d’eau sur certains bancs. La mer est calme, nous progressons

au moteur en l’absence de vent. Nous avons raté pour causes d’invitations sociales, un

petit vent de nord-est deux jours plus tôt, qui nous aurait permis d’être à la voile, mais

bon, nous sommes enfin partis.

A la garde, nous avons donné comme destination Sfax, soit 25 milles. Nous contournons

en visuel l’extrémité nord du banc nord de Sidi Youssef dans 80 cm d’eau pendant 1 tiers

de mille, c’est chaud !

Nous sommes à 1 mille de couper le chenal de Sfax lorsque nous décidons d’informer la

garde de Kraten de notre intention de poursuivre sur Maharés soit 15 milles de plus. Il est

en effet prévu le lendemain, trois jours de fort mauvais temps. Nous connaissons déjà

Sfax mais pas Maharés, autant être bloqués à Maharés. Nous aidons le moteur avec la

voile et naviguons dans des bancs de brume (visibilité 0.1 mille). Nous arrivons à

Maharés à 18h45 à la tombée du jour. L’entrée du port ne présente aucune difficulté.

Conclusion de cette étape, nous avons parcouru 42 milles, consommés 20 litres d’essence

sur une mer plate et aidés par un courant favorable le long des côtes de Kerkennah (contre

courant côtier de marée descendante ?)

A Maharés, nous visitons la ville, à 500 m du port (pratique pour l’avitaillement). C’est

une petite ville agréable aux rivages vaseux.

Nous connaîtrons notre première tempête de sable avec des vents de 80 à 100 km/heure en

rafales. Bien nous a pris de choisir notre place au port dans un renforcement de quai,

protégés par de plus gros bateaux car le clapot traversier était rude. Nous étions à côté du

zodiac de la garde, cul à quai, aussières de 50 m tendues sur le quai d’en face. C’est

l’amarrage typique dans ce port à la réputation agitée. Pour la première fois, nous nous

passerons d’électricité donc de chauffage sans souffrir.

L’amélioration du temps nous permet de partir le dimanche 8 mars à 8h pour Houm Souk

(Djerba). Nous avons 42 milles à faire cap au 154 grand voile 1 ri + grand foc pendant 4

heures. A 12 heures nous sommes à mi-parcours mais le vent mollis, passe petit largue et

à 14h nous envoyons le spi. La bouée d’approche Djerba 0 est atteinte à 16h, reste 4

milles de chenal pour rentrer dans le port. Nous sommes fiers de cette navigation de 42

milles en 9 heures, en coupant le golf de Gabés dont la mer peut être assez agitée.

Nous resterons quelques jours à Djerba au milieu des touristes européens sur des bateaux

promènes couillons, imitation caravelle de Christophe Colomb, ceux-ci sortent sono à

fond musique De Vangelis pour aller à 2 milles de là faire le pique nique et revenir

l’après-midi sur de la musique disco en frappant dans les mains. Nous prendrons un taxi

pour tout de même visiter la zone touristique au nord est de l’île. Hôtels 4 à 5 étoiles,

golfes, plages propres car nettoyées mais encombrées de badauds.

Dimanche 8 mars, départ de Houm Souk à 10h car il est bien difficile de trouver un garde

national qui veuille bien enregistrer notre départ. A ce sujet, lors de notre arrivée, la police

des frontières nous a fait remarquer que nous aurions dû attendre leur visite avant de

débarquer. En suivant ce bon conseil « à quelle heure serions nous partis ? »

La météo nous annonce du vent de sud, ce qui nous intéresse vivement pour remonter

plein nord vers Kraten toujours par la mer intérieure.

A 18h nous sommes toujours au moteur faiblement aidés par la voile, vent bâbord avant

mais la bascule bien que tardive arrive et nous permet d’envoyer le spi vent arrière. Le

vent monte progressivement, nous passons de 4 à 6 noeuds, la nuit tombe, la mer s’agite

mais nous décidons de garder notre spi le plus longtemps possible. A 22h, Cathy va se

coucher (dodo 2 heures), ce qui me permet pendant son sommeil d’affaler seul la grand

voile, foc à contre, barre sous le vent. Je m’aperçois alors que foc à contre, barre sous le

vent, grand voile affalée, le bateau reste sur sa route. Outre le spi de nuit, cette dernière

remarque constituent les deux découvertes de cette navigation.

De 23h à 3h30, nous sommes sous grand foc seul (vitesse 3-4 noeuds) cap au 60-80, dérive

et safran relevés pour passer les hauts fondS (1 à 2 m d’eau). Notre expérience de la zone

nous permet maintenant de naviguer à cette vitesse sur les hauts fonds et de nuit.

A 3,5 milles de Kraten, nous passons sur un banc à 0.6 mètre, je pense que c’était « la

langue » qui s’étend au nord ouest de l’île Chermendia.

De 3h à 4h30 nous finissons au moteur pour retrouver notre passage entre le fnar et la

pêcherie vers l’entrée du port. Notre décision de naviguer de nuit était motivée par l’envie

de réaliser une grande étape mais aussi par la marée haute qui était à 5 heures du matin.

Deux solutions s’offraient à nous, soit passer de nuit marée de 5h, soit faire un mouillage

entre 2 bancs et attendre la marée haute suivante à 17h30.

La conclusion de l’étape, c’est 18h de navigation pour 75 milles parcourus, 30 milles au

moteur en consommant 15 litres grâce à l’aide de la voile, 25 milles sous spi de nuit (10

noeuds de vent) et le passage en route quasi direct sur les bancs de nuit, à la façon des

pêcheurs de Kraten.

Dans l’avenir,pour nos prochaines navigations, nous avons l’intention de faire des grandes

étapes, lorsque les vents sont favorables (portants et modérés) nous prolongerons nos

navigations sans tenir compte d’autres facteurs dans une perspective pré-hauturière

 (longue distance).

Dans cet esprit, nous souhaiterions pouvoir rallier directement Monastir depuis Kraten

soit plus de 60 milles, si les conditions météo le permettent.

INCH ALLAH

Cathy Olivier